Définition et cartographie de la charge mentale en artisanat féminin
La charge mentale désigne, selon les chercheures en ergonomie cognitive et en sciences sociales, « le travail constant de planification, de coordination et d’anticipation requis pour organiser l’ensemble d’une activité complexe, souvent invisible aux yeux des autres » (Nicole Brais, Université Laval). Cette notion est historiquement associée à la sphère domestique, où elle touche majoritairement les femmes. Toutefois, elle s’est durablement déplacée dans le champ professionnel, notamment chez les indépendantes et fondatrices artisanes.
Pour les fondatrices de micro-entreprises artisanales, la charge mentale présente des spécificités structurantes :
- Accumulation de fonctions exécutive, stratégique et opérationnelle : la fondatrice est à la fois cheffe de produit, responsable commerciale, gestionnaire administrative et chargée des relations clients.
- Absence ou rareté de ressources délégables : le modèle micro-entrepreneurial implique un fort degré de solitude et de poly-activité (source : INSEE, Enquête SINE 2023).
- Superposition des rôles professionnels et personnels, particulièrement quand l’atelier ou l’activité s’exerce au domicile.
Cette situation s’ancre dans un contexte : 36% des micro-entreprises créées en France le sont par des femmes, dont une part significative dans l’artisanat (Atlassian 2023, chiffres INSEE). Leur réalité demeure pourtant analysée au prisme du storytelling individuel, là où il s’agit bien d’un phénomène systémique.