Mesurer : chiffrer et qualifier une réalité multiforme
Le diagnostic de la charge mentale demeure délicat. La littérature scientifique et économique propose des outils d’évaluation souvent issus de la sphère du travail salarié (ANACT).
Cependant, pour les entrepreneures, les indicateurs traditionnels restent souvent inadaptés, car trop focalisés sur l’organisation du travail formel et collectif.
Que nous disent les études récentes ?
- Selon l’Observatoire de l’égalité femmes-hommes du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle, 42 % des femmes entrepreneures déclarent éprouver « souvent » un sentiment de surcharge mentale, contre 29 % de leurs homologues masculins (2019).
- Chez les entrepreneures ayant des enfants, ce pourcentage grimpe à 67 % (Baromètre Sista, 2023).
- L’étude internationale menée par BNP Paribas Wealth Management (2021 Women Entrepreneur Report) indique que 56 % des entrepreneures citent la « gestion de multiples priorités » comme source première de stress, devant les enjeux financiers.
Si la subjectivité des témoignages demeure, certaines conséquences de cette charge sont, elles, objectivables : taux d’épuisement (burn-out), ralentissement du développement commercial, décrochage, auto-limitation de l’ambition, ou moindre recours au développement RH ou à la levée de fonds, dès lors que le sentiment de « surcharge » s’intensifie.
Vers une mesure adaptée
Il existe actuellement trois grands piliers d’évaluation spécifiquement adaptés à l’entrepreneuriat :
- La grille d’auto-évaluation qualitative : permet d’identifier les sources de la charge (tâches, relations, temporalités) et leur poids sur le ressenti global.
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Les indicateurs d’impact : taux d’interruption de tâches, fréquence des prises de décision « dans l’urgence », nombre d’heures réellement consacrées à l’activité vs. la gestion périphérique non productive.
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La cartographie des temps : visualisation objective de la répartition entre tâches à forte valeur ajoutée et gestion périphérique ou invisible.
Toutefois, seul un effort collectif de documentation et d’accompagnement permet de rendre ce phénomène visible et mobilisable comme axe d’amélioration, et non comme fatalité individuelle.